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Que t’a donc fait mon cœur
pour que ses maux ne cessent pas ?
C’est à toi qu’il se plaint de sa passion,
mais sa plainte ne lui est d’aucune utilité.
Laisse-toi aimer, car entre tes mains
se jouent sa vie et sa mort.
Ô venin ! Ô remède !
Sur ta bouche se guérissent tous les maux,
et pourtant, par ta faute, me voici fourbu et malade…
Eh bien, décide-toi enfin, ou… achève-moi !
Qui me donnera la langueur de ses yeux,
bien que ses regards apportent la mort !
Quand elle passe et que ses flancs ondulent,
elle est la beauté en personne !
Voudrais-je tenter de la décrire,
qu’il me serait impossible de dire toutes ses qualités.
Le regard du malheureux parcourt
les jardins de ses joues,
mais en cueillir les fleurs,
des sabres effilés et tranchants le lui interdisent.
(…)
Extrait d’un poème du recueil Trente poèmes d’amour (de la tradition mozarabe andalouse du XIe au XIIIe siècle), traduit de l’espagnol par Michel Host (2010) et reproduit avec l’aimable autorisation des éditions L’Escampette.
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Conférence de Arkan Simaan, historien des sciences et agrégé de physique à la retraite.
En 1735, Louis Godin, Charles Marie de La Condamine et Pierre Bouguer, accompagnés d’autres savants et techniciens, partirent vers Quito, alors colonie espagnole de la Vice-royauté du Pérou : ils devaient y mesurer le méridien pour décider si la Terre était aplatie aux pôles ou allongée selon son axe. Cette question dite de la « Figure de la Terre », d’apparence si technique, divisait alors profondément le monde scientifique des deux côtés de la Manche. Les cartésiens de l’Académie royale des sciences accusaient violemment les newtoniens de la Royal Society de réintroduire en science les « explications magiques » que les cartésiens avaient eu tant de mal à extirper. En effet, les newtoniens justifiaient l’aplatissement de la Terre aux pôles par la force d’attraction universelle qui agissait « mystérieusement » à distance dans le vide.
En 1740, les savants au Pérou, après cinq années d’épreuves et d’isolement, apprirent, en plein labeur, que leur étude était désormais sans objet : une autre expédition, dirigée par Pierre Louis Moreau de Maupertuis, partie en 1738 en Laponie, venait en effet de rentrer à Paris et de clore le débat au profit des newtoniens. Déprimés, ils décidèrent malgré tout de rester au Pérou pour finir leur travail maintenant inutile.
Cette expédition connut un lourd bilan humain : prévue pour quatre ans, elle en dura en réalité une dizaine pour la plupart des savants ; une partie y perdit la vie, ceux qui rentrèrent gardèrent des séquelles physiques graves.
Cycle 2011 « Les Amphis du savoir »
Lieu : POITIERS (86) | Amphi A - bâtiment Sciences naturelles, campus de l'université de Poitiers
40 av. Recteur Pineau, 86000 POITIERS, FRANCE
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[...] Aventures et mésaventures des savants français au Pérou au XVIIIe siècle Publié le 10 octobre 2010 [...]