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Que t’a donc fait mon cœur
pour que ses maux ne cessent pas ?
C’est à toi qu’il se plaint de sa passion,
mais sa plainte ne lui est d’aucune utilité.
Laisse-toi aimer, car entre tes mains
se jouent sa vie et sa mort.
Ô venin ! Ô remède !
Sur ta bouche se guérissent tous les maux,
et pourtant, par ta faute, me voici fourbu et malade…
Eh bien, décide-toi enfin, ou… achève-moi !
Qui me donnera la langueur de ses yeux,
bien que ses regards apportent la mort !
Quand elle passe et que ses flancs ondulent,
elle est la beauté en personne !
Voudrais-je tenter de la décrire,
qu’il me serait impossible de dire toutes ses qualités.
Le regard du malheureux parcourt
les jardins de ses joues,
mais en cueillir les fleurs,
des sabres effilés et tranchants le lui interdisent.
(…)
Extrait d’un poème du recueil Trente poèmes d’amour (de la tradition mozarabe andalouse du XIe au XIIIe siècle), traduit de l’espagnol par Michel Host (2010) et reproduit avec l’aimable autorisation des éditions L’Escampette.
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Du 27 au 30 septembre, à Poitiers, se déroule la 4e université internationale d’été «Au delà du développement: Changer de voie». Introduction. Article initialement publié par Alfredo Pena-Vega, Chercheur au Centre d’études transdisciplinaires (Ehess-CNRS) et directeur scientifique de UIE2010, dans Médiapart Le Club, URL d’origine.
Nous sommes à un tournant décisif dans notre manière de voir le monde. Les crises planétaires convergent, mais leur simultanéité n’est pas le fait d’un malheureux hasard. Elles revèlent toutes une seule et même crise, plus profonde, qui est une crise de civilisation, une crise de tout ce qui fait que les humains sont humains et de tout ce par quoi ils le sont. Et cette crise, semblable à toutes les crises de toutes les civilisations qui ont jalonné l’histoire de l’humanité, est différente pourtant en ceci qu’elle est peut-être la première véritable crise globale. C’est d’abord une crise du sens :nous ne savons plus habiter la terre et nous ne savons plus la cohabiter.
Nous nous trouvons confrontés au paradoxe de la globalisation, entre pessimisme et optimisme au niveau local et un catastrophisme (latent) au niveau planétaire. L’alternative devant laquelle nous sommes collectivement placés est celle-ci : ce sera l’abîme ou ce sera la métamorphose.
La recherche d’une issue à la crise financière, concomitante en termes d’agenda à l’échec des négociations sur le changement climatique à la conférence de Copenhague, met en évidence l’idée d’un changement de voie par rapport au modèle dominant de développement. Au-delà du désastre financier, c’est l’ensemble du modèle actuel de développement qui est mis en cause par la crise.
Nous l’avons évoqué au cours de nos précédentes universités d’été : le changement climatique loin d’être un défi pour le modèle de développement actuel, met au contraire en évidence ses limites et annonce des crises : écologique, économique, sociale, politique, éthique dont les conséquences à moyen et à long termes sont incertaines. Nous avons besoin d’un élan nouveau vers une politique planétaire et/ou une politique de l’humanité pour sauvegarder le meilleur de la politique de développement et le meilleur de chaque civilisation.
Notre mission, lors de cette université d’été 2010, sera celle que nous a proposée jadis Kostas Axelos : « repenser ce qui jamais n’a été radicalement pensé et penser en direction du pas suivant »; c’est-à-dire un pas en direction d’une autre voie.
Les participants seront animés par le même objectif : confronter leurs résultats dans une perspective interdisciplinaire, voire, comme nous y invite Edgar Morin depuis longtemps, dans une démarche de transgression de leurs limites afin de parvenir à une « conception transdisciplinaire organisationnelle ». Il ne sera pas question ici de conclure, car nous en sommes au point de départ et nous sommes très loin de pouvoir faire le bilan, même partiel, des avancées de ces quatre dernières années d’université internationale ; et encore plus loin de pouvoir articuler ces savoirs en une vision nouvelle. Le travail à mener reste énorme.
Enfin, l’originalité de cette démarche réside dans la mise en relation des chercheurs appartenant à des champs disciplinaires différents (sciences de la terre, sciences de la vie, sciences sociales et humaines), des praticiens, des acteurs politiques, qui tous acceptent cette collaboration en tant que processus d’apprentissage collectif. Ce processus prend forme dans le cadre d’un espace de réflexion et d’échanges , celui des cercles réflexifs. »
Rejoignez-nous!
A. Pena-Vega, Directeur scientifique
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