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ci-dessous — chaque semaine, le Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes, partenaire de l'EMF, propose La Minute de poésie.

Poèmes andalous

Que t’a donc fait mon cœur
pour que ses maux ne cessent pas ?
C’est à toi qu’il se plaint de sa passion,
mais sa plainte ne lui est d’aucune utilité.

Laisse-toi aimer, car entre tes mains
se jouent sa vie et sa mort.
Ô venin ! Ô remède !
 Sur ta bouche se guérissent tous les maux,
et pourtant, par ta faute, me voici fourbu et malade…
Eh bien, décide-toi enfin, ou… achève-moi !
Qui me donnera la langueur de ses yeux,
bien que ses regards apportent la mort !
Quand elle passe et que ses flancs ondulent,
elle est la beauté en personne !
Voudrais-je tenter de la décrire,
qu’il me serait impossible de dire toutes ses qualités.
Le regard du malheureux parcourt
les jardins de ses joues,
mais en cueillir les fleurs,
des sabres effilés et tranchants le lui interdisent.

(…)


poemes andalous

 

Extrait d’un poème du recueil Trente poèmes d’amour (de la tradition mozarabe andalouse du XIe au XIIIe siècle), traduit de l’espagnol par Michel Host (2010) et reproduit avec l’aimable autorisation des éditions L’Escampette.

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Les mutations du monde rural

le 30 avril 2008
de 9:00 à 18:00

Journées de réflexion et de médiation sur le monde rural en Poitou-Charentes.

Mercredi 30 avril 2008 – Communauté de communes du Confolentais

Débat public : Le monde rural face aux changements : perspectives et réalités

Programme des travaux
De 9h30 à 16h30 – accueil à partir de 9h

Introduction par Guy TRAUMAT, président de la Communauté de communes du Confolentais, Didier MOREAU, directeur général de l’Espace Mendès-France, et Monsieur le président de la Chambre régionale d’agriculture Poitou-Charentes

Animation de la journée par Pascal CHAUCHEFOIN, maître de Conférences à l’Université de Poitiers et Pierre PEROT, urbaniste sociologue chargé de mission à l’Espace Mendès-France.

Quatre questions essentielles pour le devenir du monde rural de Poitou-Charentes seront exposées et débattues :

  • La situation des grandes filières agricoles de Poitou-Charentes : panorama de l’agriculture régionale à l’orée des années 2010 présentée par Catherine MICHELUZZI, chef du service économie et territoire, emploi et formation, Chambre régionale d’agriculture Poitou-Charentes.
  • Diversifications, valorisations de proximité et nouvelles dynamiques entrepreneuriales. Intervention d’un(e) expert(e) des réseaux de consommation alternatifs.
  • Coexistence des habitants : le point de vue d’un élu rural. Intervention d’un représentant de la Communauté de communes du Confolentais.
  • Politique agricole, demande alimentaire, environnement : les nouveaux contours de l’exploitation agricole présentée par Jacques MATHE, directeur adjoint du Centre d’économie rurale des Deux – Sèvres
  • Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
    Télécharger fichier audio (2010-02-10_lezay.MP3)

Suivra un débat sur Les perspectives et les enjeux du monde rural avec Frank MICHEL, économiste à la Chambre d’agriculture des Deux – Sèvres, Jacques MORISSET, maire de Prin – Deyrançon, Pierre DESSONS, directeur du service économique de la Communauté de communes de Parthenay, Dominique ROMAN, directeur du Centre d’architecture, d’urbanisme et d’environnement de la Charente, Yves JEAN, Professeur à l’Université de Poitiers. Christian LEMAIGNAN, chargé de mission à l’Espace Mendès-France, proposera les conclusions de cette journée.

Constats et enjeux

Le monde rural a changé depuis 60 ans ; il change encore, sinon plus, de façon graduelle mais certaine. Observation banale, le constat reste un étonnement ; car cet espace, qui a toujours eu sa part d’invention et de mouvement, a néanmoins l’image, la réputation d’être stable et de résister solidement aux variations.

Ces changements peuvent être mesurés dans trois grands domaines :

  • les modes de production ;
  • la dynamique démographique ;
  • les organisations sociales, culturelles et de loisir.

Ces trois mutations affectent indéniablement les sociétés rurales : les agriculteurs occupent certes une majeure partie de l’espace mais ne sont plus majoritaires dans la population active rurale. S’ils en sont toujours les gardiens attentifs, ils n’en sont plus les usagers principaux, même s’ils demeurent les référents de cet espace.

C’est là que se situe la question actuelle du monde rural de plus en plus marqué par l’évolution des ensembles urbains qui le bordent et lui diffusent des modes de vie et d’organisation sociale souvent très contraignants. Migrations alternantes, vocations récréatives et touristiques ou installation d’habitants qui, après une journée de travail, cherchent le calme et l’agrément de la nature… toute une série d’éléments concourent à renouveler les usages de l’espace rural par nos sociétés. De ces renversements naissent une série de nouveaux besoins pour les communes, leurs regroupements et pour des pays encore jeunes et pas toujours dotés des compétences et des services adaptés à ces nouvelles populations et à leurs demandes émergentes.

Ce sont ces mouvements et les innovations qui en résultent que souhaiterait comprendre le groupe de travail « Mutations du monde rural » du Programme « Science, Innovation et territoires » conduit par l’Espace Mendès France.

Pour cela, dans l’esprit de ce Programme, trois temps d’analyse et de débat sont proposés :

  1. bilan et perspectives du monde rural aujourd’hui
  2. décalages entre les perceptions du monde rural et les réalités de terrain
  3. étude de trois sujets à définir et intéressant différents acteurs du monde rural de demain.

Dans la suite de cette présentation, la question des relations entre les interventions publiques est abordée. C’est une façon de prendre en compte les agencements nouveaux qui s’amorcent pour adapter les usages aux nouvelles donnes. Mais, au delà de ces interventions publiques, c’est tout un ensemble de nouvelles règles collectives qu’il faut inventer. Le ferons-nous sous la pression des évènements ?

Mondialisation alimentaire et interventions publiques locales : le débat

Sollicités de toutes parts, les acteurs publics se doivent de trouver des réponses, quelquefois à très court terme. C’est la place des Conseils de développement que de mobiliser, autour des forces vives des pays et des collectivités locales, les moyens, les compétences et les modes d’intervention qui répondent aux nouvelles questions.

Il ne faut pas, pour autant, en rester aux urgences, aux adaptations d’usages ou de techniques et à des inventions qui peuvent, dans les cadres existants, donner le change. Il faut, pour assurer une certaine cohésion, non seulement veiller aujourd’hui à un nouveau vivre ensemble, mais chercher aussi les bases d’un devenir commun, sans doute aussi peu stable que celui que nous vivons.

Car les enjeux peuvent bien être d’une toute autre nature, dans une époque où la mondialisation définit le prix du maïs à Chicago et où les aléas climatiques australiens pèsent sur le marché du blé et des céréales tandis que les productions non agricoles affectent l’équilibre des prix.

Et dans un monde où les crises agro-alimentaires (ESB, grippe aviaire…) peuvent bloquer pour de long mois, en une seule journée, le débouché de toute une filière de production . Il faut donc faire un bilan des enjeux avant de vouloir comprendre les mutations qui traversent le monde rural. Ce bilan permettra sans doute aussi de déterminer les niveaux et les champs où les interventions peuvent être les plus performantes.
Passons alors en revue quelques évolutions et prenons la dimension des interrogations auxquelles les acteurs ruraux vont devoir répondre.

  • Des modes de production en compétition ou en complémentarité ?
  • Une agriculture raisonnée ?

Si le productivisme semble avoir trouvé un certain nombre de limites, aussi bien biologiques, environnementales qu’économiques, la nouvelle donne sur les prix modifie les relations entre filières agricoles. Céréaliers et éleveurs voient leurs divergences d’intérêt s’accentuer tandis que la questions des rendements et la compétition mondiale mettent les semences OGM au coeur des enjeux.

Un distribution diversifiée ?

C’est peut-être la raison pour laquelle beaucoup d’agriculteurs ont parié, ces dix dernières années, dans une période de revenus variables, sur des compléments de ressources liés à des circuits courts : vente à la ferme, gîte rural… Ces circuits complémentaires ont des destins divers et distincts du maraîchage, qui pourtant, lui aussi, se renouvelle. Évoquons aussi la question des nouvelles pratiques consuméristes des AMAP qui ont un succès grandissant même si elles ne touchent qu’une très faible minorité d’agriculteurs.Des revenus élargis ?

La pluriactivité est depuis toujours une forte caractéristique du monde rural. Elle est aussi la conséquence d’une certaine absence de spécialisation ou au contraire de la capacité d’une main d’œuvre assez flexible à s’adapter à des types de productions variés. Cela va-t-il se poursuivre dans les périodes où le service et la conception remplacent de plus en plus la sous-traitance de capacité et que les ateliers risquent de se délocaliser massivement hors des frontières nationales ?

Toutes ces interrogations se déclinent sur fond de mutations de la « régulation » générale des marchés. La sécurité alimentaire et le soutien aux structures d’exploitation des années 50 ont été suivis d’une surproduction et de la mise en jachère de terres. La réforme de la PAC de 1992, confirmée par l’accord de Berlin de 1999 a, de plus, introduit le découplage des aides et une « éco-conditionnalité ». Alors que des « Assises de l’agriculture » sont en préparation tandis que le gouvernement envisage une révision générale des politiques publiques agricoles ; dont l’un des volets passe par une fusion des Directions Départementales de l’Agriculture avec les Directions Départementales de l’Equipement..

Une dynamique démographique et une émigration difficiles à gérer

En Poitou-Charentes, le prix des terres peut varier presque du simple au double, entre une terre de Brandes et une terre à Cognac. Mais la compétition entre le prix des terres agricoles et le foncier d’habitation, longtemps restée en marge de beaucoup de zones, occupe une place de plus en plus importante dans la phase d’équipement et d’étalement actuelle. On en vient alors à se demander comment vont être financés les équipements que ne tarderont pas à exiger les nouveaux ménages péri-urbains ?

Ces conflits d’usages ne s’arrêtent pas là : entre production, loisir et besoin résidentiels, jusqu’où structurent-ils les débats et les voisinages locaux par ailleurs marqués par une très forte « interconnaissance » ? La quiétude des uns est-elle compatible avec des techniques culturales faisant appel à des moyens mécaniques et à des intrants chimiques indispensables à la rentabilité des autres ? Une rentabilité délicate à trouver dans des secteurs soumis à la dégradation ancienne des termes de l’échange entre ville et milieux ruraux.

L’intégration des nouvelles populations, quelquefois étrangères, posent de nouvelles questions aux familles comme aux professionnels, à l’école, dans les lieux de santé et dans les organismes culturels très souvent associatifs. Basés sur une solidarité toujours à recréer, les liens sociaux de la campagne peuvent ils résister à des rapports inter-individuels contemporains plutôt centrés sur le service que sur l’entraide et sur la solidarité ? Comment construire des espaces d’accueil qui ne soient ni des lieux pour « dames patronnesses » ni des cadres traditionnels pesants ou rébarbatifs, mais qui soient des moments d’organisation collective adaptés à une vie moderne ?

Des organisations sociales et culturelles à élargir ?

Que ce soit en raison des nouveaux modes de distribution, de l’arrivage d’une nouvelle population ou de la généralisation d’un mode de vie, il y a bien interpellation du monde rural par la ville qui y exporte une partie de ses problèmes. La demande culturelle et sociale des populations rurales est ainsi de plus en plus proche sinon plus importante que celle des résidents urbains

Une bonne part des populations nouvelles en zone rurale sont des populations dont le niveau de vie est élevé ou dont les professions induisent une participation à la vie intellectuelle ; ou ce sont des populations âgées mais très mobiles, consommatrices de services et demandeuses de prestations évoluées.

Cette interpellation sera-t-elle traitée par les acteurs ruraux eux-mêmes ? Ou bien doivent-ils, comme ils commencent à le faire, appeler les villes et leurs périphéries à de nouvelles solidarités dans le cadre des intercommunalités ou des pays ?

Mutations et innovations : de nouvelles règles du jeu collectif

Nouvelles populations, nouvelles donnes économiques ou institutionnelles, nouvelles techniques et nouvelles attentes… Sans que tout soit bouleversé, tant s’en faut, les mutations sont nombreuses et, peut-être, cumulatives. À moins que certaines ne se neutralisent mutuellement .

En tout cas, les anciens repères, ceux de la France de l’après-guerre comme ceux d’un syndicalisme affirmé et cogérant de l’espace, à côté de l’État et d’un système coopératif solidaire, glissent vers une reconfiguration encore imprécise. Une reconfiguration qui se présente à la fois comme une opportunité et comme un risque.

Sous ce constat, l’Espace Mendès France est un lieu où peuvent se confronter à la fois les expertises et les connaissances, les perspectives et les prévisions, les attentes et les craintes. C’est aussi un lieu où des expériences peuvent se partager et où échanges et rencontres peuvent permettre d’autres initiatives et faire apparaître de nouveaux points de vue.
Ainsi, la question de l’innovation et du changement en milieu rural a paru suffisamment emblématique d’un monde en plein mouvement pour qu’elle soit inscrite comme une des thématiques prioritaires du Programme « Science, Innovation et Territoires » par son Conseil scientifique.

Dans un premier temps, un séminaire de rencontre et de partage de connaissance est organisé le 30 avril prochain au siège de la Communauté de communes du Confolentais à Confolens.

D’autres rencontres et d’autres débats sur ce sujet lui succéderont dans d’autres territoires de Poitou-Charentes afin que les diagnostics et les enjeux soient partagés par le plus grand nombre possible d’acteurs et de citoyens de la région.

Lieu : CONFOLENS (16) | Communauté de communes du Confolentais
8 r Fontaine des Jardins, 16500 Confolens, France

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Publié le 26 mars 2008.

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