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Que t’a donc fait mon cœur
pour que ses maux ne cessent pas ?
C’est à toi qu’il se plaint de sa passion,
mais sa plainte ne lui est d’aucune utilité.
Laisse-toi aimer, car entre tes mains
se jouent sa vie et sa mort.
Ô venin ! Ô remède !
Sur ta bouche se guérissent tous les maux,
et pourtant, par ta faute, me voici fourbu et malade…
Eh bien, décide-toi enfin, ou… achève-moi !
Qui me donnera la langueur de ses yeux,
bien que ses regards apportent la mort !
Quand elle passe et que ses flancs ondulent,
elle est la beauté en personne !
Voudrais-je tenter de la décrire,
qu’il me serait impossible de dire toutes ses qualités.
Le regard du malheureux parcourt
les jardins de ses joues,
mais en cueillir les fleurs,
des sabres effilés et tranchants le lui interdisent.
(…)
Extrait d’un poème du recueil Trente poèmes d’amour (de la tradition mozarabe andalouse du XIe au XIIIe siècle), traduit de l’espagnol par Michel Host (2010) et reproduit avec l’aimable autorisation des éditions L’Escampette.
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Dans le cadre des soirées autour des questions de Sciences et Sociétés nous avons choisis de considérer le handicap sous un angle inattendu : Le plus souvent la question du handicap est envisagée sur le registre de l’inclusion et de l’exclusion des personnes concernées dans les espaces sociaux (écoles, entreprises, organismes culturels etc.) ou au point de vue des représentations sociales, le plus souvent dépréciatives. Ce soir nous tentons de voir quels rapports favorables ou difficiles existent entre les personnes handicapées et les techniques dont elles peuvent disposer. Le terme de techniques est pris au sens large car il s’agit en tout premier lieu d’analyser comment les personnes handicapées vivent leur relation avec des éléments de soutien et d’aide extérieurs à elles. Ces éléments peuvent être les prothèses comme le fauteuil roulant (Myriam Winance), les aides humaines (Marcel Nuss), la pratique du sport (Anne Marcellini), les techniques de développement cognitif (Nadine Vigouroux), les biotehnologies (Louis Bec) et par-dessus tout le corps de l’autre, du valide (Pierre Ancet). A l’évidence nous ne saturons pas ainsi tous les aspects relatifs aux rapports entre handicap et technologies, très loin de là. Mais nous n’avons pas voulu nous restreindre à ce qui serait peut-être le plus attendu : les technologies dites nouvelles. De même nous ne parlons pas de tous les handicaps, bien que nous évoquons plus ou moins explicitement le handicap moteur, le handicap mental, la grande dépendance, et une pluralité de handicaps dans le sport ou l’art.
Ce cœur de notre rencontre est introduit par un rapide regard sur les grands systèmes de pensées ayant présidé à l’histoire occidentale des handicaps afin de comprendre comment la question de ce soir surgit ou n’apparaît pas dans l’histoire (Henri-Jacques Stiker). Nous terminons par quelques réflexions éthiques soulevées par les technologies, actuelles ou traditionnelles (Emmanuel Hirsch).
Les apports des conférenciers sont là pour provoquer débats, réactions, suggestions, chez les participants qui sont intervenants à part entière.
Henri-Jacques Stiker
directeur de recherches, laboratoire « Identités, cultures, territoires »
Université Denis Diderot, Paris.
Programme de la soirée « handicap » au format pdf
17h -17h15 Accueil
17h15- 18h Attitudes historiques face aux corps abîmés et à leur « réparation »
18h-18h15 débat
18h15-18h45 Le rapport corps valide/corps handicapé
En quoi sommes-nous touchés dans notre propre corps par la vision d’une personne en situation de handicap (quand bien sûr le handicap est visible) ? Il se produit comme un retentissement de l’action de l’autre sur nos propres actions et sur notre proprioception (la sensation de notre propre corps). Ce lien sera envisagé tant du point de vue philosophique (phénoménologique) que du point de vue des avancées récentes en neurophysiologie de l’action (la science du mouvement). Le travail de description réciproque de l’expérience du corps propre entrepris à ce sujet avec Marcel Nuss, présent lors de la soirée, sera également exploité. Nous soulignerons les conséquences éthiques de ce rapport à l’autre, à la fois comme moyen d’être plus empathique et comme source de nos réactions de défense à l’égard d’autrui.
18h45 débat
19h-19h30 Mon fauteuil… Mes jambes. Utiliser, s’ajuster, incorporer. Expériences des personnes
19h30 – 19h50 pause repas
19h50-20h20 Les Technologies de l’Information et de la Communication pour une cognition « augmentée »
20h20-20h50 Art et biotechnologies
20h50 débat
21h05-21h35 Accompagnement et intimité : un équilibre utopique ?
21h35-21h50débat
21h50-22h20 La figure du «sportif handicapé»: paradoxe, résilience et science-fiction?
La seconde moitié du 20ème siècle a vu l’émergence et l’institutionnalisation des pratiques sportives compétitives des personnes présentant des déficiences, pratiques qui s’affichent aujourd’hui de façon spectaculaire et médiatisée dans le cadre de l’événement sportif international que constituent les Jeux Paralympiques. Ces pratiques ont construit une facette nouvelle des représentations collectives des personnes handicapées en la figure du « sportif handicapé », figure paradoxale associant les idées de « limitation » et de « désavantage » à celles de « performance » et d’ « efficacité ». Cette figure du « sportif handicapé », qui s’offre comme mise en scène d’un dépassement de la déficience subie, peut être lue comme signe exceptionnel d’un processus individuel de résilience. Mais de façon plus collective, elle participe de la transformation des conceptions et des définitions du handicap. Elle questionne également les frontières entre « réparation » et « amélioration » technologique ou biotechnologique de l’humain et rejoint aujourd’hui les constructions futuristes de la science fiction qui dessinent les perspectives utopistes ou catastrophistes d’une humanité technologisée.
22h30- 23h Aux limites de l’éthique
Soirée organisée par le pôle d’histoire des sciences et des technique de l’Espace Mendès France, en partenariat avec la MAIF, la MGEN, l’ADOSEN (Action et documentation santé pour l’éducation nationale) , l’Association départementale des pupilles de l’enseignement public (ADPEP 86) , l’Institut universitaire de formation des maîtres de Poitou-Charentes (IUFM) , la conférence des directeurs des IUFM, la CDIUFM, avec la participation du Lieu multiple, secteur numérique de l’Espace Mendès France. Elle est placée sous la responsabilité scientifique de Henri-Jacques Stiker, directeur de recherches au laboratoire « Identités, culture, territoire » université Paris VII, Denis Diderot, président de « Alter, société pour l’histoire du handicap ». avec la participation de Pierre Ancet, maître de conférences de philosophie des sciences, UFR lettres et philosophie.
Contact Anne Bonnefoy, anne.bonnefoy@emf.ccsti.eu
Lieu : POITIERS (86) | Espace Mendès France
1 place de la Cathédrale, 86000 Poitiers, France
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