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Anne Rasmussen,
Maître de conférences, université de Strasbourg.
Le XIXe siècle a été à l’origine d’une vision très optimiste de la science associée, avec ses applications, à l’idée d’un progrès indéfini de la civilisation. Les sciences apparaissent alors comme des systèmes de savoirs et de pratiques destinées à maîtriser le monde naturel et humain, visant certes à comprendre la nature, mais aussi à agir sur elle et à la rendre perfectible. Ces représentations se sont nettement infléchies au cours du XXe siècle, et tout particulièrement sous l’impulsion de la première guerre mondiale, qui assigne aux sciences un rôle central dans le déroulement du conflit. Les sciences confèrent aux militaires des moyens d’action de puissance nouvelle en engendrant des techniques qui leur donnent une maîtrise de la nature inégalée. Cette conférence envisagera les liens nouveaux que les sciences ont noués avec la guerre au XXe siècle, en partant de l’application des sciences au champ de bataille de la Grande Guerre. Elle montrera que ces liens ne sont pas seulement dans l’usage des techniques au service de la guerre, mais qu’ils transforment les pratiques de laboratoire, qu’ils influent sur la mobilisation des sociétés dans le conflit, et qu’ils participent aussi à l’histoire culturelle de la guerre. Il en résulte une vision renouvelée des relations ambiguës que la science entretient avec le progrès.
Lieu :
Publié le 28 octobre 2008 par Odile Mazeron.
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