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Que t’a donc fait mon cœur
pour que ses maux ne cessent pas ?
C’est à toi qu’il se plaint de sa passion,
mais sa plainte ne lui est d’aucune utilité.
Laisse-toi aimer, car entre tes mains
se jouent sa vie et sa mort.
Ô venin ! Ô remède !
Sur ta bouche se guérissent tous les maux,
et pourtant, par ta faute, me voici fourbu et malade…
Eh bien, décide-toi enfin, ou… achève-moi !
Qui me donnera la langueur de ses yeux,
bien que ses regards apportent la mort !
Quand elle passe et que ses flancs ondulent,
elle est la beauté en personne !
Voudrais-je tenter de la décrire,
qu’il me serait impossible de dire toutes ses qualités.
Le regard du malheureux parcourt
les jardins de ses joues,
mais en cueillir les fleurs,
des sabres effilés et tranchants le lui interdisent.
(…)
Extrait d’un poème du recueil Trente poèmes d’amour (de la tradition mozarabe andalouse du XIe au XIIIe siècle), traduit de l’espagnol par Michel Host (2010) et reproduit avec l’aimable autorisation des éditions L’Escampette.
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Conférence de Marie-Elisabeth Boutroue, chargée de recherche IRHT, CNRS, Paris.
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Télécharger fichier audio (2008-03-06_la_vraie_litterature_medicale.MP3)
C’est bien connu, la science de l’Antiquité repose sur des piliers solides : fondée par Aristote, développée par ses successeurs, elle offre au savant un cadre épistémologique et un corpus de textes renfermant l’essentiel de ce qu’on sait à l’époque. S’agissant de médecine et d’histoire naturelle, les auteurs de référence sont, outre Aristote, Théophraste, Hippocrate, Galien, Dioscoride et, du côté des Romains, Pline, Celse, les agronomes : Caton, Varron, Columelle et Palladius.
A côté des grands textes fondateurs, on voit aussi apparaître dès l’Antiquité une multitude de textes qui n’émanent pas des grands anciens mais s’en réclament explicitement. Ainsi le pseudo-Aristote de plantis n’est pas d’Aristote, mais il traite des plantes d’une façon toute aristotélicienne ; le pseudo-Dioscoride sur les herbes utilisées en gynécologie n’est pas de Dioscoride, mais il traite bien de matière médicale. Le pseudo-Antonius Musa n’a jamais été écrit par le médecin de l’empereur Auguste, mais ses développements sur la bétoine pourraient émaner d’un praticien célèbre. Le pseudo-Pline n’est pas de la plume de l’amiral de la flotte de Misène, mais il tient sur les plantes des propos directement empruntés à l’Histoire naturelle. Au total, ces textes sont nombreux et ils ont souvent en partage d’avoir beaucoup circulé, et par voie de conséquence, d’avoir connu des histoires agitées. Au travers de quelques exemples, on essaiera de mettre en évidence les apports de ces pseudépigraphes qui ne sont ni tout à fait des faux, ni tout à fait authentiques en montrant leur circulation entre Antiquité et Renaissance.
Lieu : POITIERS (86) | Espace Mendès France
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